Conversation #1

L'entreprise est-elle un mouvement comme un autre?

Le point de vue de Thinkers & Doers

Jeudi dernier se tenait la première édition de notre cycle de Conversations, en partenariat avec le Journal du Dimanche, dans le magnifique cadre du Jeu de Paume.

Chez THINKERS & DOERS, nous avons la conviction qu’au-delà des grandes transformations technologiques qui touchent l’entreprise, cette dernière est au cœur d’une révolution sociétale majeure. Cette révolution est celle du sens, qui conduit l’entreprise à se mettre en mouvement et parfois même à devenir un mouvement à but économique certes, mais aussi à impact social.

C’est justement pour débattre de cette entreprise qui mute vers l’ère du « purpose » que nous avons ouvert un débat passionnant avec Marie Laure Djelic, Co-doyenne de l’École du management et de l’innovation de Science-Po Paris, Isaac Getz, Professeur leadership et innovation, ESCP Europe, Damien Viel,  Directeur Général France Twitter et Arthur Pétrie, Directeur France, LemonAid.

 

Mais que se passe-t-il donc avec l’entreprise ?

Comme l’a posé d’emblée Marie Laure Djelic, l’entreprise fait face à une crise de légitimité sans précédent qui l’oblige à se réinventer et à penser son modèle à travers ses externalités positives, avant tout. Il est vrai que les nouvelles générations sont en quête de sens, on ne cesse de le dire mais cette attente se généralise et s’intensifie. Comme l’a fait remarquer Arthur Pétrie, c’est la logique même de la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) qui s’inverse. Il témoigne d’ailleurs que chez les jeunes créateurs d’entreprise, de plus en plus souvent il y a avant tout un projet social et environnemental, et ensuite une entreprise qui le soutient.

Le temps est venu de passer du « Business with a purpose » à un « purpose with a business », en quelque sorte.

 

L’entreprise, un projet social par définition.

Aux dires de Isaac Getz, le père du concept d’entreprise libérée, le temps est venu de passer à « l’entreprise pour l’autre ». Car selon lui il est temps de se souvenir que l’entreprise est par définition un projet social en soi. Mais encore faut-il réinventer un leadership à la hauteur de cet enjeu, car cette mutation, c’est la bataille qu’il faut mener. Le CEO devient « Chief Executif Engagement Officer ». Isaac Getz propose même de parler de « Chief engagement Entertainment Officer » car plus que jamais le rôle des dirigeants est de s’assurer que dans l’entreprise il y a un environnement organisationnel qui assure aux salariés de prendre du plaisir à travailler. Cette exigence est au cœur du concept de symétrie des attentions, qui veut que la qualité de la relation entre une entreprise et ses clients est égale à la qualité de la relation de cette entreprise avec ses propres collaborateurs.

 

Une révolution managériale avant tout.

D’ailleurs, comme le fait remarquer Damien Viel, les outils au service de l’engagement des collaborateurs ont eux aussi bien changé. En France, Twitter est le premier réseau des décideurs économiques, des élus et des journalistes. Les dirigeants d’entreprises prennent progressivement part au débat, s’engagent et se comportent moins comme des leaders que comme des « thought leaders ». Ils positionnent alors leurs entreprises aux avant-postes de combats sociétaux comme Emmanuel Faber, le PDG de Danone l’a récemment fait en utilisant sa propre plateforme twitter.

 

L’entreprise, un mouvement au service d’une cause qui la dépasse

L’entreprise devient alors un mouvement embarquant et proposant à ses collaborateurs, clients et parties prenantes de se mettre au service d’une cause qui la dépasse.

Le message qui se dégage de cette première Conversation consacrée à l’entreprise est le suivant : même si la route est encore longue, la mutation des entreprises est en marche. Leur responsabilité sociale n’est plus en contradiction avec leur objectif de création de richesse, bien au contraire. C’est d’ailleurs le sens du discours « manifeste » de Zuckerberg à Harvard au printemps 2017. Elle est au service de la performance. Les entreprises se mettent en mouvement quand elles ne deviennent pas elles-mêmes des mouvements au service d’une cause sociétale. Thinkers & Doers s’associe à ce message positif et compte bien encourager les entreprises dans cette transition et les aider à accroître leur influence positive sur la société.

 

Nicolas Narcisse

Co-Président Thinkers & Doers